Association des Centres dramatiques nationaux

Association des Centres dramatiques nationaux - L'ACDN coordonne le réseau des 38 Centres dramatiques nationaux

Une maison d’artistes pour un mouvement artistique permanent

La plupart des Centres dramatiques nationaux est née de troupes permanentes investissant des territoires en décentralisation.
Pour les CDN, aujourd’hui comme hier, la question de la permanence artistique est cruciale. Elle est essentielle à la vie et l’activité d’un CDN, pour mener à bien les missions qui sont les siennes, pour développer et approfondir une recherche et pour se reconnecter à la réalité du terrain quel qu’il soit.

AU THÉÂTREDELACITÉ…


L’incubateur créatif  / Dispositif d’accompagnement du ThéâtredelaCité pour les équipes artistiques.
Aujourd’hui, un Centre dramatique national se doit d’apporter aux artistes un soutien sur mesure.
Sur le mandat, nous nous impliquerons auprès de plusieurs artistes pour comprendre leurs projets, attentes et ambitions, afin de les accompagner au plus près de leurs besoins : production déléguée, coproduction, résidence, collaboration artistique, administration, promotion et diffusion. Notre envie pour ces accompagnements personnalisés est que tous aient progressé artistiquement et structurellement.
Le choix des équipes accompagnées s’élaborera avant tout sur un critère artistique auquel s’ajouteront trois autres données : géographique, économique et structurelle.
Les trois types d’accompagnements – humain, technique et financier – seront évalués et choisis en fonction des besoins propres à chacune des équipes.
Outre les résidences dans les différents espaces de travail du ThéâtredelaCité, les compagnies pourront bénéficier d’apports en industrie via les ateliers décors, accessoires et costumes du ThéâtredelaCité. Ces ateliers ont une maîtrise parfaite des métiers et savoir-faire spécifiques aux arts de la scène qu’il est important de valoriser. Les compétences des différents membres de l’équipe du ThéâtredelaCité seront également mises à la disposition des équipes tout au long de ce compagnonnage.
Afin d’améliorer l’accueil des artistes en résidence, nous créons huit hébergements au sein du théâtre.
En 2018-2019 :
• 64 semaines de résidences au ThéâtredelaCité
• 18 projets accompagnées dont 16 présentés dès cette saison
• 8 chambres-appartements pour accueillir les équipes artistiques en résidence dès cet automne
Le Petit théâtre devient Le CUB :
Symbole du dispositif d’accompagnement, l’actuel Petit théâtre devient un espace dédié à la recherche et à la création et à la diffusion : Le CUB.
• une salle de travail modulable prioritairement réservée à la fabrication de spectacles par le biais de résidences longues.
• un travail mené avec le public du théâtre pour le guider dans la découverte du processus de création.
• Explorations, des journées professionnelles au cours desquelles des programmateurs sont invités à découvrir les projets des équipes artistiques accompagnées par le théâtre.▪

Elle est garante d’une vitalité artistique continue, d’une invention constante, d’une émulation et d’une régénération artistique par le croisement des univers de chacun.e, la rencontre des différents processus de création, la confrontation des expériences et des imaginaires.

Cependant, la permanence artistique ne peut plus être envisagée comme elle l’était il y a cinquante ans : les artistes eux-mêmes ne s’y retrouveraient pas, la mobilité et le nomadisme contribuant à notre vitalité artistique. Le modèle unique d’un chef de troupe – metteur.euse en scène ou/et acteur.trice lui.elle-même, entouré.e d’acteurs et d’actrices ne correspond plus à la diversification des formes de création scénique. Aujourd’hui, les projets artistiques associent aussi étroitement des vidéastes, des artistes numériques, des scénographes, des plasticien.ne.s, des auteur.trice.s, des chorégraphes, musicien.ne.s, que des acteur.trice.s.

La « permanence » elle-même est une notion qui a muté et continue d’évoluer dans le monde du travail en général vers la flexibilité et même l’intermittence (qui était au départ un régime spécifique…). Il est essentiel de revendiquer la particularité de nos théâtres de service public tout en restant en phase avec l’évolution du monde.

AU TJP – CDN DE STRASBOURG…


Ce que permet le CDN : les artistes, la recherche et l’expérimentation au centre de l’institution
Seul CDN dirigé par un marionnettiste, le TJP – Centre dramatique national de Strasbourg Grand-Est occupe une place unique dans le paysage institutionnel en France. Le projet du CDN est basé sur la relation Corps – Objet – Image (COI). Il permet de rassembler des artistes d’horizons très variés issus du monde des arts visuels, de la danse, du théâtre, de la musique, de la marionnette, au sein de la plateforme COI. Le CDN définit des espaces de connaissance mutuelle et d’interactions entre démarches, à l’instar de la Revue COI.
Dans cet esprit de décloisonnement et d’expérimentation où il s’agit de revisiter l’imaginaire que les artistes se font de leur propre pratique, les Rencontres Internationales Corps-Objet-Image réunissent tous les deux ans une cinquantaine d’élèves ou jeunes diplômés d’écoles d’Art (arts visuels, arts du cirque, danse/performance, arts de la marionnette, théâtre, théâtre visuel, …), ainsi qu’une trentaine de chercheurs et d’artistes plus confirmés. Ces rencontres fonctionnent comme un grand laboratoire d’une semaine où tout est pensé pour favoriser les échanges et la curiosité mutuelle à travers des dispositifs horizontaux de co-élaboration et des protocoles de recherche précis. Les interactions sont durables et dépassent bien souvent le projet du CDN.
L’institution institue des cadres qui impulsent, insufflent du mouvement.
Prendre la responsabilité d’un lieu consiste à entretenir les éléments perturbateurs qui viendront déranger l’ordre établi. C’est le pari du projet du CDN : mettre les artistes et les chercheurs au cœur du projet, leur donner les moyens de déborder les cadres institués, dans la mesure où ils se développent dans l’exigence et l’actualité de leurs propres recherches. ▪


En effet, la présence permanente d’artistes, d’acteurs et d’actrices, permet de développer notamment l’itinérance, le lien au territoire, les actions artistiques au sein du lieu et dans l’espace urbain ou rural. Pour un artiste, pouvoir s’inscrire dans le temps sur un territoire pour développer et approfondir une recherche ou pour se reconnecter à la réalité du terrain est cruciale. Elle est proportionnelle à notre besoin de nous déplacer artistiquement. Nous devons donc affronter ce paradoxe et trouver des « prototypes » adaptés.

Les CDN sont des plateformes qui permettent aux artistes de se poser, de se régénérer pour mieux re-décoller vers de nouvelles aventures et de nouveaux horizons. Les directeur.trice.s n’y sont aussi que de passage mais cette « permanence provisoire » est le carburant et la raison d’être de ces institutions publiques qui doivent concilier la continuité et le renouvellement.

AU T° – CDN DE TOURS…


Parce que la création constitue le cœur de son activité, parce que l’échange et le croisement des esthétiques sont le creuset des formes nouvelles, le T° réunit un ensemble artistique autour de Jacques Vincey, metteur en scène et directeur du Centre dramatique national de Tours.
Au cœur de cet ensemble, les cinq comédien.ne.s de l’ensemble artistique constituent, avec deux technicien.ne.s et une administratrice également issu.e.s de formations supérieures, le Jeune Théâtre en Région Centre-Val de Loire (JTRC).
Ce dispositif d’insertion professionnelle unique en France est soutenu par l’État, la Région Centre-Val de Loire, et le conseil départemental d’Indre-et-Loire. Il permet à huit jeunes d’être engagés, dès leur sortie d’école, pendant deux saisons consécutives au T°. Il est l’expression d’une volonté commune de promouvoir la permanence artistique et l’émergence de nouveaux talents au sein des maisons de théâtre.
Les artistes associé.e.s viennent compléter cet ensemble artistique. Après avoir accompagné Alexis Armengol et Caroline Guiela-Nguyen (saisons 2014/15 et 2015/16), et Mohamed El Khatib et Bérangère Vantusso (saisons 2016/17 et 2017/18), le T° renforce son action en direction des jeunes artistes en associant Mathilde Delahaye et Vanasay Khamphommala à partir de septembre 2018 pour 3 saisons.
Espace d’échange et de collaboration, l’ensemble artistique conjugue réflexion partagée et trajectoires individuelles. Les créations, la coordination du festival WET°, les activités de formation, les laboratoires de recherche et de réflexion sont autant d’occasions de renouveler les partenariats artistiques, de confronter les pratiques et les points de vue, et d’accompagner sur le long terme l’éclosion de voix singulières. ▪

Aussi la permanence artistique prend de nos jours des formes diverses, multiples, en phase avec les nouvelles formes scéniques, à travers la présence régulière d’artistes associé.e.s, à travers celle d’acteurs et d’actrices dont l’engagement peut être plus ou moins pérenne (notion de troupe provisoire), de jeunes artistes en formation dans les CDN qui abritent une école, de jeunes artistes et technicien.ne.s en professionnalisation pour d’autres, et par, aussi, des directions artistiques associées que ce soit sur des projets ponctuels ou de façon pérenne.
Les CDN donnent une place de plus en plus importante à ces artistes qu’ils accompagnent. Certain.e.s directeur.trice.s profitent de ces associations pour former des artistes de la jeune génération à la direction. Leur présence non pas constante, mais régulière, crée des liens forts avec la population qui les identifient à la maison au même titre souvent que l’équipe permanente.
Les moyens de plus en plus contraints des CDN ne leur permettent généralement pas de développer autant que souhaité cette permanence artistique. L’activité et la richesse créative que génère la présence permanente d’artistes au sein d’un lieu est immense en comparaison aux moyens requis pour la rendre possible. C’est un des axes essentiels sur lesquels remobiliser des moyens dans les années à venir.
Les écoles délivrant un diplôme national se sont multipliées ces dernières années : il est désormais urgent de se préoccuper des élèves qui en sortent. Là encore, les attentes et les désirs ont changé. Rares sont maintenant les jeunes qui sortent des écoles en se disant qu’ils seront acteur.trice.s toute leur vie. Ils/elles s’envisagent comme créateur.trice.s au sens large. La création de jeunes troupes en professionnalisation dans les CDN non dotés d’écoles est une piste de développement particulièrement intéressante. Elle permet non seulement de former des générations de jeunes artistes engagé.e.s, ayant développé une conscience réelle de leur rôle d’artistes au sein de la société, une connaissance approfondie du fonctionnement des lieux et de tous les aspects de la vie théâtrale, ayant partagé la vie d’un lieu de création sur un territoire, et d’assurer une permanence artistique renouvelée sur un territoire.

AU NEST - CDN DE THIONVILLE…


« Les Iroquois » est un concours d’écriture transfrontalier bilingue (français/allemand) en direction des jeunes, qui a duré 5 ans. Il impliquait 6 théâtres et 5 classes de lycées, tous de la Grande Région partenaires du NEST (le Théâtre de Liège, l’Agora Theater de St Vith et le Chudoscnik Sunergia d’Eupen, le Saarländiches Staatstheater de Sarrebruck, le Théâtre National du Luxembourg), et une équipe artistique professionnelle bilingue, un metteur en scène, des acteurs et un auteur comme Matthieu Bertholet, Ian de Toffoli, Christiane Girten...
Il s’agissait de proposer aux jeunes une entrée dans le théâtre par l’écriture de pièces brèves, selon un thème, avec un accompagnement par l’équipe artistique des jeunes qui écrivaient dans leur langue maternelle.
4 textes étaient sélectionnés auxquels venait s’ajouter un 5ème commandé à l’auteur. L’ensemble était confié à l’équipe artistique, pour une production créée au NEST, pendant la Semaine extra, notre festival pour et avec les ados, puis diffusée chez l’ensemble des théâtres partenaires. Les textes choisis ont aussi fait l’objet d’un livre.
Le concours Les Iroquois a été l’occasion d’échanger concrètement entre générations avec une exigence artistique maintenue. C’était pour les jeunes une occasion unique de voir se transformer leur geste d’écriture au fur et à mesure des étapes de création jusqu’à la représentation et la publication. Les spectacles ont rencontré un public transgénérationnel qui a pu constater que les jeunes ont des choses à dire, qu’ils les disent à leur manière, c’est-à-dire très bien. ▪

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